top of page

Célébration de la 50e Journée Internationale de la Femme Africaine en Haïti : Un Élan vers l'Estime de Soi et la Diversité

  • Writer: Radio Tele Ole Haiti
    Radio Tele Ole Haiti
  • 7 days ago
  • 5 min read

Chaque année, le 31 juillet marque un moment important pour honorer les femmes africaines et afro-descendantes à travers le monde. En 2024, Haïti a célébré la 50e Journée Internationale de la Femme Africaine avec une énergie renouvelée, mettant en lumière la richesse de la diversité et la nécessité de promouvoir l’estime de soi chez les femmes noires. Cet événement a rassemblé des acteurs clés de la société haïtienne autour d’un thème fort : « Femme Noire : entre respect de la diversité et promotion de l’estime de soi chez les afro-descendants ».


Un Forum d’Importance pour la Femme Noire en Haïti


La célébration s’est déroulée sur deux jours, les 30 et 31 juillet 2024, dans la salle de conférence Victor Benoit à Bourdon. Organisée par le Bureau de l’Organisation des Jeunes pour les Nations-Unies d’Afrique en Haïti (BOJNUAH), en collaboration avec l’Office de Protection du Citoyen (OPC) et le Réseau des Femmes Haïtiennes Modèles et Inspirantes (REFEHMI), cette deuxième édition du Forum sur la Femme Noire a permis de réunir des voix diverses autour d’une même cause.


La première journée a été marquée par une série de discours officiels prononcés par des personnalités engagées dans la défense des droits des femmes et la protection des citoyens. Parmi elles, Me Sophonie Jean Baptiste Moïse, cheffe de service et des plaintes à l’OPC, a souligné l’importance de la justice et de la protection des droits des femmes noires. Madame Marie Françoise Suzan, Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, a rappelé les avancées et les défis encore présents dans la lutte pour l’égalité. Le Dr Renan Hedouville, Protecteur du Citoyen, ainsi que son adjoint Me Amoce Auguste, ont insisté sur la nécessité d’une vigilance constante pour garantir le respect des droits fondamentaux.


Interventions Riches et Diversifiées


Le forum a également accueilli des intervenants issus de différents horizons, apportant des perspectives variées sur le thème central. Monsieur Raphaël Théoma Daniel et le Professeur Emmanuel Stéphane Laurent ont abordé les questions culturelles et éducatives liées à l’identité afro-descendante. Le Dr Sophie Beaujour et Madame Stéphanie Smith ont partagé leurs expériences sur la santé mentale et l’estime de soi, soulignant l’impact des discriminations sur le bien-être des femmes noires.


L’artiste peintre Eddy Gaetan a offert une dimension artistique à l’événement, illustrant par ses œuvres la beauté et la force des femmes noires. Esther Présumé a quant à elle évoqué les défis sociaux et économiques rencontrés par les femmes afro-descendantes en Haïti.


Une Mobilisation Collective


La présence de personnalités telles que le professeur Jean Eliakim Cange, Directeur Général par intérim de l’OPC, Madame Rachel Fleuricot, cheffe du service des organisations de la société civile à l’OPC, et Me Lionel Constant Bourgoin, Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, a renforcé la portée de cette célébration. Des représentants de la Police Nationale d’Haïti, du monde universitaire et de la société civile ont également participé, témoignant d’un engagement collectif pour la cause des femmes noires.


Cette mobilisation illustre l’importance accordée à la reconnaissance de la diversité culturelle et à la promotion de l’estime de soi chez les afro-descendants. Elle montre aussi que la lutte pour les droits des femmes noires est une responsabilité partagée, qui nécessite la collaboration de tous les secteurs de la société.


Le Thème au Cœur des Échanges


Le choix du thème « Femme Noire : entre respect de la diversité et promotion de l’estime de soi chez les afro-descendants » invite à réfléchir sur deux dimensions essentielles. D’une part, le respect de la diversité rappelle que les femmes noires ne forment pas un groupe homogène. Elles portent des identités multiples, façonnées par des histoires, des cultures et des expériences différentes. Reconnaître cette diversité, c’est valoriser chaque parcours et chaque voix.


D’autre part, la promotion de l’estime de soi est un levier puissant pour combattre les stéréotypes et les discriminations. En renforçant la confiance en soi, les femmes noires peuvent mieux s’affirmer dans tous les domaines : éducation, emploi, politique, culture. Ce travail sur l’estime de soi contribue à construire une société plus juste et inclusive.


Exemples Concrets d’Actions et d’Initiatives


Plusieurs initiatives présentées lors du forum illustrent comment cette double dynamique peut se traduire en actions concrètes :


  • Programmes éducatifs visant à intégrer l’histoire et la culture afro-descendantes dans les curricula scolaires, pour que les jeunes filles noires se reconnaissent dans leur héritage.

  • Ateliers de développement personnel et de leadership destinés aux femmes, pour renforcer leur confiance et leurs compétences.

  • Campagnes de sensibilisation contre les discriminations raciales et sexistes, menées par des organisations locales et internationales.

  • Soutien aux artistes et créatrices noires, afin de valoriser leur contribution culturelle et économique.


Ces exemples montrent que la célébration de la Journée Internationale de la Femme Africaine ne se limite pas à un événement symbolique, mais s’inscrit dans un mouvement durable pour le changement.


L’Impact sur la Société Haïtienne


La célébration de cette 50e édition en Haïti a permis de mettre en lumière les défis spécifiques rencontrés par les femmes noires dans le pays. Elle a aussi offert un espace de dialogue et de réflexion pour imaginer des solutions adaptées. En réunissant des acteurs institutionnels, des experts, des artistes et des militantes, le forum a renforcé les liens entre les différentes composantes de la société.


Prenant la parole à cette occasion, le Dr Renan Hédouville a réaffirmé son attachement à cette initiative et a exhorté les parties concernées à mener à terme les démarches déjà engagées en vue de renommer la rue M en rue Marie Christine Jeune. Il s’est exprimé avec ferveur lors de cet événement d’envergure, saluant le BOJNUAH pour sa contribution déterminante à la reconnaissance et à la mise en valeur de la femme noire en Haïti. Il a également réitéré la volonté de l’Office de la protection du citoyen (OPC) de maintenir une collaboration étroite dans le cadre de son mandat de défense et de promotion des droits humains.


De son côté, Amos Cincir a confirmé l’engagement de son équipe à œuvrer en faveur de la diffusion de la culture africaine et afro-descendante. Il a insisté sur la nécessité d’accompagner les femmes dans un processus d’autonomisation, en les encourageant à affirmer leur identité et à renforcer leur confiance en elles-mêmes. Selon lui, ce forum de deux jours a permis d’ouvrir un espace de réflexion essentiel autour de l’héritage culturel afro-descendant, tout en abordant de manière critique la question de la dépigmentation de la peau, un phénomène qu’il associe à une profonde crise de l’estime de soi.


Organisé en marge de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), célébrée chaque 31 juillet depuis 1974, ce rendez-vous inédit de deux journées a servi de cadre à un plaidoyer en faveur de l’identité culturelle africaine et afro-descendante. Les échanges ont particulièrement porté sur la sensibilisation des Afro-descendants et des Haïtiens aux dangers de la dépigmentation volontaire de la peau. Moins médiatisée que la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la JIFA trouve son origine dans l’initiative d’Aoua Keita, militante et figure politique malienne, qui a œuvré pour que le 31 juillet soit officiellement consacré, en 1974, à la célébration de la femme africaine.


Perspectives pour l’Avenir


La Journée Internationale de la Femme Africaine en Haïti ouvre la voie à de nouvelles initiatives et collaborations. Elle invite chacun à s’engager, à son niveau, pour soutenir les femmes noires et valoriser leur diversité. Les prochaines éditions pourront s’appuyer sur les acquis de cette 50e célébration pour approfondir les débats et élargir la participation.


Il est essentiel que les actions entreprises soient suivies d’effets concrets, notamment en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de représentation politique. La promotion de l’estime de soi doit devenir une priorité dans les programmes sociaux et culturels.


Comments


bottom of page